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Prévoyance et succession en Suisse – ce que vous pouvez organiser dès aujourd’hui

État du droit :

Lecture : env. 9 min · Pour les personnes en Suisse

En bref : La prévoyance ne se limite pas à un testament. Quatre domaines déterminent dans quelle mesure vous soulagez vos proches : le droit successoral (qui hérite et ce que vous pouvez librement attribuer), le mandat pour cause d’inaptitude et les directives anticipées du patient (qui décide pour vous lorsque vous ne le pouvez plus), le don d’organes (où votre volonté est consignée) et la succession numérique (vos comptes et accès). Vous pouvez préparer vous-même et gratuitement la plupart de ces éléments ; souvent, le plus important n’est pas un document, mais une vue d’ensemble ordonnée indiquant tout se trouve.

1. Droit successoral : qui hérite, avec ou sans testament

Si vous ne laissez aucune disposition, la dévolution successorale légale du Code civil s’applique. Elle suit le système des parentèles : vos descendants héritent en premier lieu (art. 457 CC) ; à défaut, ce sont les parents et leur ligne qui entrent en jeu (art. 458 CC), puis les grands-parents et leurs descendants (art. 459 ss CC). Le conjoint survivant, ou le partenaire enregistré survivant, dispose en outre d’un droit successoral légal propre (art. 462 CC) : avec des descendants, il hérite donc avec eux et non à leur place.

Réserve héréditaire et quotité disponible

Vous ne disposez pas entièrement librement de votre succession : une part est protégée par la réserve héréditaire. Depuis la révision du droit successoral du 1er janvier 2023, seuls les descendants ainsi que le conjoint ou le partenaire enregistré bénéficient d’une réserve héréditaire (art. 470, al. 1, CC) ; les parents ne sont expressément plus protégés. La réserve héréditaire correspond à la moitié de la part successorale légale (art. 471 CC). Ce qui reste après déduction des réserves héréditaires constitue la quotité disponible : vous en disposez par testament ou pacte successoral.

La part de chacun dépend également du régime matrimonial : celui-ci est dissous au décès et la liquidation du régime matrimonial précède le partage successoral ; ce qui revient au conjoint survivant au titre du régime matrimonial n’entre même pas dans la succession (art. 204, al. 1, et art. 215, al. 1, CC). Le tableau des quotes-parts du guide de droit successoral vaut pour le cas normal ; le calcul concret dépend du régime matrimonial.

Testament, pacte successoral, exécution testamentaire

Si vous vivez en concubinage, c’est le point le plus important de cette page : sans testament ni pacte successoral, votre partenaire n’hérite de rien — la loi ne prévoit aucun droit successoral pour les couples non mariés. Vous ne pouvez l’avantager que dans les limites de la quotité disponible.

2. Mandat pour cause d’inaptitude et directives anticipées du patient

Ces deux documents déploient leurs effets de votre vivant, notamment lorsque vous devenez incapable de discernement. Ils règlent des questions différentes et ne se remplacent pas l’un l’autre :

Lorsqu’une personne devient incapable de discernement, l’autorité de protection de l’adulte (APEA) vérifie l’existence d’un mandat pour cause d’inaptitude et en constate formellement la validité (art. 363 CC). C’est précisément pourquoi ce mandat est le moyen d’éviter en règle générale une curatelle ordonnée par l’autorité : vous avez vous-même désigné la personne qui décide. Sans mandat pour cause d’inaptitude, seul un droit légal de représentation strictement limité s’applique : les conjoints et partenaires enregistrés peuvent régler les affaires courantes ainsi que l’administration ordinaire du revenu et des autres biens lorsqu’ils font ménage commun avec la personne incapable de discernement ou lui fournissent régulièrement une assistance personnelle — et cela uniquement tant qu’il n’existe ni mandat pour cause d’inaptitude ni curatelle correspondante (art. 374, al. 1 et 2, CC). Les actes relevant de l’administration extraordinaire du patrimoine nécessitent en outre l’accord de l’APEA (art. 374, al. 3, CC).

3. Don d’organes : ce qui s’applique aujourd’hui

État en juillet 2026 : la solution du consentement s’applique toujours. Le corps électoral a accepté le 15 mai 2022 le consentement présumé au sens large, mais la loi révisée sur la transplantation n’est toutefois pas encore entrée en vigueur. Jusque-là, un don d’organes n’est possible que si la personne décédée y a expressément consenti ou, si aucune volonté n’est connue, si les proches y consentent.

Pour vous, cela signifie qu’il est aujourd’hui plus important, et non moins, de consigner votre décision. En l’absence de volonté documentée, vos proches doivent décider pour vous dans l’épreuve la plus difficile. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) communique l’état contraignant du droit ; vous trouverez les détails et le calendrier dans le guide sur le don d’organes.

4. Succession numérique

Vos comptes en ligne, profils et abonnements font également partie de votre succession. Vous ne devez pas transmettre de mots de passe : il suffit d’établir une vue d’ensemble ordonnée des comptes existants, de l’endroit où commencer et de vos souhaits. Si vous déposez de telles informations auprès d’un service pour le cas où vous ne pourriez plus agir, vous devez savoir comment elles sont protégées : pour les utilisateurs en Suisse s’appliquent les principes de traitement, la protection des données dès la conception et les réglages par défaut respectueux de la vie privée ainsi que les exigences de sécurité des données de la loi sur la protection des données (art. 6, 7 et 8 LPD) ; un lieu de serveur à l’étranger implique en outre une communication de données à l’étranger.

› Régler votre succession numérique sans transmettre vos mots de passe

Checklist : ce que vous pouvez organiser cette semaine

Vous n’avez pas besoin de tout faire en même temps. Ces étapes sont organisationnelles, gratuites et réalisables immédiatement :

Points de contact neutres et gratuits

Questions fréquentes

Qui hérite en Suisse sans testament ?

Sans testament, la dévolution successorale légale s’applique. Si vous laissez des descendants, ceux-ci héritent en premier lieu ; si une personne était mariée ou liée par un partenariat enregistré, le conjoint ou partenaire survivant hérite avec les descendants. En l’absence de descendants, les parents et leur ligne successorale entrent en jeu.

Qu’est-ce que la réserve héréditaire en droit successoral suisse ?

La réserve héréditaire est la part minimale légalement protégée de certains proches. Depuis le 1er janvier 2023, seuls les descendants ainsi que le conjoint ou le partenaire enregistré sont protégés (art. 470, al. 1, CC) ; les parents ne le sont expressément plus. La réserve héréditaire correspond à la moitié de la part successorale légale (art. 471 CC).

Quelle est la différence entre un mandat pour cause d’inaptitude et des directives anticipées du patient ?

Le mandat pour cause d’inaptitude désigne la personne qui vous représente en cas d’incapacité de discernement pour l’assistance personnelle, la gestion du patrimoine et les rapports juridiques (art. 360 CC) ; il doit être écrit en entier à la main ou reçu en la forme authentique (art. 361 CC). Les directives anticipées du patient règlent uniquement les décisions médicales (art. 370 CC) et peuvent être dactylographiées si elles sont datées et signées (art. 371 CC).

Mon partenaire de concubinage hérite-t-il automatiquement ?

Non. Le droit successoral suisse ne prévoit aucun droit successoral légal pour les couples en concubinage : sans testament ni pacte successoral, le partenaire n’hérite de rien. Vous ne pouvez l’avantager que dans les limites de la quotité disponible.

Le consentement présumé s’applique-t-il en Suisse au don d’organes ?

Pas encore. Le corps électoral a accepté le 15 mai 2022 le consentement présumé au sens large, mais la loi révisée sur la transplantation n’est pas encore entrée en vigueur. Jusque-là, la solution du consentement s’applique : en l’absence de volonté documentée, les proches sont consultés. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) communique l’état contraignant du droit.

L’essentiel : que vos proches sachent où tout se trouve

Avec Angel Reminder, vous indiquez où se trouvent vos comptes, contrats et souhaits, puis vous rendez ces informations accessibles aux bonnes personnes en cas d’urgence. Sans mots de passe.

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